Qui a une chambre d’amis libre? Pour changer la vie d’un enfant.
Article paru dans la libre le 27/10/21
Il manque 600 familles d’accueil pour aider des enfants écorchés par la vie à grandir. La démarche est ouverte à tous.
La chambre d’Amy est posée sur la place d’Armes, à Namur, depuis une semaine. Elle sera démontée dans deux jours. Amy, c’est une petite fille (fictive) en attente d’un foyer chaleureux dans lequel (re)trouver sécurité et tendresse. Comme environ 600 autres enfants en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).
Une maman incarcérée ; un papa en souffrance psychique ; des maltraitances physiques ; un décès ; un accident… Pour mille et une raisons, des enfants doivent être provisoirement – même si c’est parfois pour de longues années – retirés de leur famille de naissance. Ces séparations sont imposées à la suite de décisions de justice ou (plus rarement) consenties par les parents biologiques en raison de problèmes médicaux, sociaux ou psychologiques qui les empêchent de jouer leur rôle.
Un port d’attache
C’est actuellement le cas de 7 000 mineurs francophones. Des enfants fragilisés, seuls ou en fratrie, qui sont pris en charge dans les institutions d’aide à la jeunesse. Parmi les dispositifs existants, l’accueil familial permet à ces gamins écorchés par la vie de retrouver un foyer, un équilibre, un accompagnement aimant pour les aider à bien grandir. Une famille d’accueil, c’est aussi un port d’attache où ils peuvent créer des liens d’attachement fiables et stables dans la durée.
Mais les familles prêtes à ouvrir leurs bras à un enfant qui n’est pas le leur ne se bousculent pas au portillon. Chaque année, il manque environ 600 familles candidates. Alors que de nombreuses chambres d’amis restent vides. C’est la raison pour laquelle l’initiative Famille d’accueil, qui regroupe 16 services encadrant l’accueil en famille en FWB (soit 25 antennes), a voulu sensibiliser les citoyens à cette problématique.
La chambre aménagée à Namur interpelle les passants sur la possibilité d’héberger une petite Amy en attente d’un foyer. L’accueil familial est un dispositif de coconstruction, basé sur un partenariat entre la famille d’accueil, l’enfant, ses parents, le service d’accompagnement, le juge ou l’autorité mandante, autour de l’intérêt du jeune.
À l’abri
L’accueil d’urgence (entre 15 et 45 jours) ou de court terme (de 3 à 9 mois) permet de mettre l’enfant rapidement à l’abri des difficultés de ses parents. Lesquels peuvent profiter de cette période pour retomber sur leurs pattes et régler leurs soucis alors que leurs enfants sont au calme. Les autorités mandantes de l’Aide à la jeunesse utilisent cette parenthèse pour analyser la situation et, si besoin, prendre des mesures de placement pour une plus longue échéance.
L’accueil familial de long terme offre un modèle familial dans lequel l’enfant placé pourra s’épanouir en recevant l’attention et l’affection nécessaires pour bien grandir. Devenir famille d’accueil est une démarche ouverte à tous, peu importe l’âge, la culture ou la situation sociale et à tous les types de familles : parent seul, en couple homo ou hétéro, avec ou sans enfants, recomposée ou pas… Chacun peut s’engager dans l’aventure.
www.familledaccueil.be et sur Facebook @familledaccueil
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