Voici le témoignage de Simon et Maxime, un couple de papas d’accueil. Merci pour ce beau partage…

Voici le témoignage de Simon et Maxime, un couple de papas d’accueil. Merci pour ce beau partage…

Être papa d’accueil…

Être papa d’accueil, c’est passer chaque année devant le juge, au tribunal de la jeunesse, avec une petite boule au ventre, pour savoir quelle sera la décision prise pour le placement de votre fille.

Être papa d’accueil, c’est recevoir, régulièrement, les services de famille d’accueil.be qui viennent chez vous voir comment cela se passe. C’est aussi pouvoir compter sur eux en cas de question, d’inquiétude…

Être papa d’accueil, c’est gérer de grosses colères, prendre des coups, essayer de garder son sang-froid, même quand c’est difficile. C’est trouver parfois la sérénité pour dire : « C’est une grosse colère, je crois que ce serait mieux pour toi et pour moi que tu te calmes, mais je sais que c’est difficile. »

Être papa d’accueil, c’est lui dire qu’elle peut être fière d’elle quand elle a calmé sa colère.

Être papa d’accueil, c’est être plus fort que les crocodiles, qui nous attaquent quand on est cachés dans la cabane sous les draps.

Être papa d’accueil, c’est ne pas frissonner quand on te dit que « les fantômes n’existent pas, hein, parce qu’il y en a un là, à côté de toi… »

Être papa d’accueil, c’est savoir que « j’ai pas peur » signifie « rassure-moi ».

Être papa d’accueil, c’est savoir que « j’ai pas fait exprès, hein ? », signifie en fait « je savais bien que je ne pouvais pas, mais j’avais trop envie d’essayer pour voir ce que ça allait donner [genre utiliser le tampon encreur sur le drap de lit] et je n’ai pas anticipé que le résultat serait une bêtise ».

Être papa d’accueil, c’est lire 10 fois « Dans sa maison un grand cerf », 20 fois « Tchoupi fait un gâteau », 50 fois « Notre fille » et 700 fois « Ti’ Lapin magicien ».

Être papa d’accueil, c’est écouter en boucle « Chirpy Cheap », « Porque te vas », « California Dreamin’ » ou « I can boogie ».

Être papa d’accueil, c’est voir son salon transformé en piste de danse ou en salle de psychomotricité.

Être papa d’accueil, c’est se rendre compte qu’après avoir dit pendant 30 ans que tu n’aimais pas danser, quand ta fille te le demande, tu danses et tu ne te poses pas de question.

Être papa d’accueil, c’est ne pas toujours avoir le droit de chanter, parce que « moi et papa Max, on peut chanter, parce qu’on est des grands, toi, tu es un petit ». C’est répondre : « Ah, d’accord. »

Être papa d’accueil, c’est entendre « bravo papa ! » quand tu as fini ta soupe, et « bingo ! » quand tu la renverses, parce que « papa Simon, il est maladroit ».

Être papa d’accueil, c’est faire des détours pour voir une grue, un tracteur, ou se dépêcher le vendredi matin pour pouvoir apercevoir le camion-poubelle et dire bonjour aux ouvriers.

Être papa d’accueil, c’est jouer pendant des heures à cache-cache, mais devoir souvent expliquer où on est caché…

Être papa d’accueil, c’est se cacher « pour pas que je te compte », parce que visiblement, il ne faut pas compter les filles et les garçons.

Être papa d’accueil, c’est dessiner des chats, beaucoup de chats, et des cœurs.

Être papa d’accueil, c’est faire des détours, en promenade, pour voir un mouton, un cheval ou une vache.

Être papa d’accueil, c’est se relever la nuit, quand il y a un cauchemar ou qu’on ne se sent pas bien.

Être papa d’accueil, c’est entendre une petite souris descendre l’escalier à 6h du matin pour voir si St Nicolas est passé dans les souliers. C’est l’entendre frapper à la porte de la chambre pour grimper dans le lit et se reposer encore une demi-heure avec vous, en vous serrant dans les bras et en disant « Tu sais, j’ai déjà mangé la guimauve… »

Être papa d’accueil, c’est être papa, tout simplement.