Témoignage: 3 femmes racontent leur vie en tant que maman d’accueil

- Flair
Flair
Témoignage: 3 femmes racontent leur vie en tant que maman d’accueil

Tous les enfant ont droit à un foyer, mais tous n’ont pas la chance d’en avoir un. C’est là qu’intervient le placement en famille d’accueil. Et pourquoi pas chez vous ? Trois femmes racontent ce rôle à part.

Agnès, 36 ans “En ce moment, je m’occupe d’un bébé pour la sixième fois, une petite fille de 5 mois. Jusqu’à présent, j’ai toujours connu des placements d’urgence et à courte terme, car cette forme ­d’accueil familial me convenait mieux. Avec le temps, j’ai progressivement mis de côté mon désir ­d’enfant, c’est pourquoi j’ai récemment demandé un placement à long terme. Avec le placement ­d’urgence, votre vie prend subitement un autre tournant.

Un appel téléphonique et, en quelques heures, un bébé est là, généralement sans vêtements à lui, sans doudou ou tétine.

Le placement familial est donc parfois ­difficile à combiner avec un emploi à temps plein, surtout pour moi qui suis célibataire. En outre, les parents d’un enfant placé en famille d’accueil restent impliqués autant que possible par le biais de visites et ont leur mot à dire dans les décisions importantes. Il faut être ­capable de faire face à tout cela. Avoir un employeur flexible est aussi un gros atout. Je suis l’une des rares célibataires à être famille ­d’accueil, mais je prouve que j’en suis capable. Pour moi, c’est ­s’investir dans une bonne cause dont on peut souvent voir les ­résultats très rapidement. Cela m’a aussi permis d’entrer en contact avec un côté de la société que je n’aurais probablement pas connu autrement. Cela me fait d’autant plus prendre conscience que je fais ce qu’il faut. Et j’essaie de d’apporter quelque chose d’essentiel à ces enfants, à une certaine période de leur vie.”

Charlotte, 28 ans  “ Depuis un an, mon compagnon et moi accueillons une petite fille de 7 ans les week-ends et les vacances. Le reste du temps, elle vit dans une institution et n’a pratiquement aucun contact avec ses parents. Nous sommes jeunes et n’avons pas encore d’enfants. En devenant famille d’accueil, nous voulions contribuer à une société meilleure pendant notre temps libre. Bien sûr, ce n’est pas toujours facile : travailler à plein temps, maintenir une vie sociale, rénover une maison, obtenir un diplôme… On a un sacré rythme. Mais cela rend nos week-ends avec la petite encore plus ­précieux.

Le dimanche soir, lorsqu’on la dépose à l’institution, nos cœurs se brisent et il arrive que des larmes coulent. Mais cela en vaut la peine.

Même pendant la semaine, lorsqu’elle n’est pas avec nous, c’est difficile pour nous : a-t-elle bien dormi, comment a-t-elle vécu le week-end, comment se ­débrouille-t-elle à l’école ? Heureusement, il nous est possible de ­contacter les éducateurs de son institution pour répondre à nos questions et ­inquiétudes. Le dimanche soir, on essaye toujours de trouver une activité sympa à faire en couple pour faire face à cet au revoir ­hebdomadaire. Malgré tout, on ne peut pas se permettre d’accueillir un enfant à temps plein pour le moment. Mais quand je vois combien elle est heureuse quand elle est chez nous, je sais pourquoi on fait tout ça.”

Inès, 39 ans “Lorsque mon mari et moi avons appris que nous ne pouvions pas avoir d’enfants, nous avons décidé de nous tourner vers le placement familial.

Le premier enfant dont nous nous sommes occupés était une petite fille de 2 ans et demi. Au bout d’un an et demi, elle est retournée dans sa famille biologique et nous avons dû lui dire au revoir. C’était difficile. Très difficile. J’ai même juré d’arrêter d’être famille d’accueil, tant c’était dur.

Mais depuis, deux ados se promènent ici comme chez elles, l’une à long terme et l’autre à court terme. Les filles ont un lourd bagage familial, mais elles s’ouvrent à nous. Elles me connaissaient déjà, car j’enseigne dans leur école. Cela a permis de tisser un lien de confiance, qui se renforce de jour en jour. Leur loyauté envers leurs parents biologiques est énorme, mais elles n’hésitent pas à dire qu’elles nous considèrent aussi comme leurs parents, parce que nous prenons soin d’elles, parce qu’elles grandissent avec nous. Cela leur donne la force de tenir quand les choses deviennent difficiles.”

Quelles sont les formes de placement familial ?

Il existe différentes options en matière de placement familial. En tant que famille d’accueil, vous pouvez accueillir des enfants ou des jeunes pendant un séjour dont la durée varie. Le séjour dans une famille d’accueil peut se compter en jours, tout comme en mois ou en années. Tout dépend des besoins de l’enfant placé, ainsi que des souhaits des accueillants.

L’accueil familial d’urgence
Ce type de placement est spécifique aux enfants en situation ­d’urgence et leur évite un passage en institution. La durée de ­l’accueil d’urgence est limitée à 15 jours, mais elle peut être ­prolongée d’un mois. Cet accueil favorise avant tout le retour de l’enfant dans sa famille biologique et mobilise ainsi toutes les parties pour trouver une solution dans l’intérêt de ­l’enfant, et ce, le plus rapidement possible.

L’accueil familial à court terme
La durée du placement est, dans ce cas, limitée à 3 mois. Après évaluation, elle peut être prolongée deux fois de 3 mois, c’est-à-dire 9 mois maximum. Cette période sert également à faire le point sur les difficultés familiales rencontrées et à envisager des solutions pour un retour serein de l’enfant chez ses parents. Bien souvent, les problématiques traitées sont lourdes et nécessitent une prolongation. L’autorité mandante peut alors décider d’un éventuel placement à long terme si elle le juge nécessaire.

L’accueil familial à moyen et long terme
Toute mesure d’aide est normalement limitée à un an dans le cadre de l’aide à la jeunesse. Mais, dans les faits, une évaluation annuelle permet de prolonger l’accueil en fonction de l’évolution de l’enfant et de sa situation. Comme c’est le cas pour les ­précédents types de placement, les contacts avec les parents sont maintenus, dans la mesure du possible.

Puis-je devenir famille d’accueil ?

Que vous soyez célibataire, en couple, avec ou sans enfant, il vous est toujours possible de postuler pour devenir famille d’accueil.

Tous les candidats doivent passer par un processus de sélection permettant de vérifier s’ils réunissent tous les critères pour devenir famille d’accueil. Au cours de cette procédure, il s’agit notamment de déterminer si le projet de la famille candidate correspond aux besoins de l’enfant, d’évaluer si les candidats sont en mesure de lui offrir un cadre familial stable et sécurisant, mais aussi d’analyser les répercussions que pourrait avoir le projet d’accueil. Cette sélection comprend une phase ­d’information, la constitution d’un ­dossier administratif, une visite du ­domicile, plusieurs entretiens ­psycho-sociaux et une prise en compte de l’avis des personnes vivant sous le même toit, en particulier s’il y a déjà des enfants dans la famille. La sélection est menée par le service de placement ­familial qui, en concertation avec une autorité mandante (conseiller de l’aide à la jeunesse, directeur de l’aide à la ­jeunesse ou juge de la jeunesse) ­évaluera les points forts et les points faibles du projet d’accueil pour chacune des ­parties, et déterminera si une ­collaboration est possible.

Puis-je choisir l’enfant que j’accueille ?

Oui. Après la procédure de sélection, vous discuterez de votre profil en tant que famille d’accueil avec le service de placement familial. Ce profil ­déterminera le type de projet d’accueil que vous souhaitez proposer. Vient ­ensuite la phase de pré-accueil, où les accueillants font la connaissance de l’enfant et de ses parents. Cette étape permet d’établir les contacts petit à ­petit, avant que l’enfant ne soit placé à temps plein dans sa famille d’accueil.

Que dois-je faire pour ­devenir famille d’accueil ?

La première chose à faire si vous ­souhaitez accueillir un enfant est
de contacter l’un des services de ­placement familial agréés en Fédération ­Wallonie-Bruxelles. Optez pour un ­service proche de chez vous, car la ­plupart des rencontres – avec le service, l’enfant et les parents, notamment –, ­auront lieu dans les locaux du service que vous aurez contacté. Le site web www.lesfamillesdaccueil.be contient de nombreuses informations et propose également un Vade mecum des familles d’accueil.