«Reporters» se penche sur la pénurie des familles d’accueil en Belgique.

«Reporters» se penche sur la pénurie des familles d’accueil en Belgique.

Pendant plus d’un an, la journaliste Marie Waroux s’est penchée sur la problématique du manque de familles d’accueil en Belgique. Un reportage poignant à découvrir sur RTL-TVI ce vendredi 22 janvier à 19h50.

Quelle est la problématique que vous abordez ici ?

Nous sommes partis d’un article qui a été publié il y a plus d’un an. Il y était annoncé que près de 600 enfants attendaient une famille d’accueil. Ce sont des enfants qui ont été placés par un juge. Leurs parents biologiques ont perdu leur garde. À défaut de familles, ils sont en train d’attendre dans des institutions, dans des hôpitaux, dans des pouponnières, dans des services pédiatriques. Ce chiffre de 600 enfants nous a interpellés, Eric Willem, le producteur de l’émission, et moi-même. Nous sommes partis de ce postulat, nous posant les questions de savoir pourquoi autant d’enfants attendent une famille d’accueil, pourquoi il manque des familles d’accueil mais également ce que cela implique d’accueillir des enfants. Nous avons ensuite pris contact avec des services de placement. Cela a mis un certain temps car évidemment ce sujet concerne des enfants mineurs. Nous devions donc d’abord gagner la confiance de ces services.

Pour quelles raisons les parents sont-ils destitués de la garde de leur enfant ?

Elles sont nombreuses et parfois pas jolies jolies. Le principe de base est qu’un enfant est retiré lorsqu’il est en danger dans sa propre famille. Une alerte est donnée, très souvent par l’école, qui se rend compte qu’il y a un manque, un problème. Dans le reportage, nous suivons le cas de Corentin et Coralie, des frère et sœur qui ont été placés à 2 et 6 ans. L’école a donné l’alerte car ils n’avaient jamais de tartines dans leur cartable, les parents ne venaient jamais les chercher, ils portaient les mêmes vêtements durant plus de deux semaines. Dès lors, l’école prévient les services sociaux. Des démarches sont mises en place. Il y a également des problèmes de violence. Il y a différentes échelles et en fonction de la gravité, le placement peut être plus ou moins rapide. Il y a par exemple des placements d’urgence, l’enfant est retiré le jour même à ses parents et placé immédiatement. Le juge peut prendre une décision le jour même.

Quelles sont les conditions nécessaires pour être famille d’accueil ?

Je ne suis pas experte en service de placement mais nous avons suivi une réunion d’informations. Le service de placement ne met pas de conditions, il y a vraiment toutes sortes de familles, des familles monoparentales, des célibataires, il n’y a pas d’âge non plus. Mais il faut se rendre compte qu’il s’agit d’un vrai projet de vie. Ce n’est pas comme une adoption, cela implique des obligations différentes. L’enfant est placé pour recevoir un cadre stable, aimant. Ce placement est pour une durée déterminée. Le but est que l’enfant puisse ensuite réintégrer sa famille. Malheureusement, les services de placement nous confiaient qu’il était extrêmement rare qu’un enfant retourne dans sa famille initiale. Mais chaque année, les familles d’accueil sont convoquées au tribunal pour savoir si le placement est prolongé ou non. Devenir famille d’accueil, c’est un véritable engagement. Certaines d’entre elles parlent même de mission.

Source: Ici